On le sait, la presse le confirme, l’art contemporain français se porte mal. Paradoxalement, tout le monde s’accorde à dire que les artistes français sont bons et devraient avoir une reconnaissance internationale plus juste. Si les artistes sont bons et qu’ils n’ont pas la reconnaissance escomptée, c’est, par voie de déduction, que leur entourage ne serait pas à la hauteur de leurs légitimes ambitions. C’est en tout cas ma profonde conviction.
Nous avons trop peu de responsables de la culture, de directeurs d’institution culturelle, de commissaires d’exposition et de critiques d’art à la fois ambitieux et talentueux tout comme nous avons trop peu d’acteurs privés, Fondations et galeries, à vocation internationale.
Le mal français est celui de la prépondérance des diplômes au détriment de l’expérience, du conformisme au détriment de la singularité, de l’arrogance intellectuelle au détriment de la simplicité, de la générosité et de l’efficacité.
Sur le site Internet du Walk Art Center de Mineapolis dirigé par un français, Philippe Vergne (également co-commissaire de la prochaine biennale du Whitney Museum de New York) on peut y lire quelques-unes des thématiques abordées telles : « où l’art rencontre la vie ; où la peinture rencontre le pixel ; où le Pop rencontre le Hip Hop ». Invitations thématiques d’une simplicité que l’on qualifierait aisément de populiste en France.
Le mal français est aussi sa propension à réécrire l’histoire, incapable d’assumer son passé. Dans l’histoire de l’art contemporain, cela nous conduit à oublier sporadiquement ceux que l’on a adulés. La figuration narrative en paie encore le prix et seul un directeur français vivant à l’étranger, Christian Bernard directeur du MAMCO à Genève, a osé présenter récemment des œuvres de Gérard Fromanger, l’une des figures prépondérantes de ce mouvement artistique, parmi les œuvres d’autres artistes contemporains reconnus par l’intelligentsia dominante. Consternant et révélateur, la première rétrospective d’envergure consacrée à l’œuvre de Gérard Fromanger circule actuellement en Europe et en France dans plusieurs musées de province tous situés dans des villes moyennes, aucun « grand » musée français pour accueillir l’un des artistes le plus médiatisé et le plus apprécié de sa génération. La figuration libre, omniprésente dans les années 80, a été placée sous une telle chape de plomb au cours des années 90 que la majorité des étudiants des écoles d’art ne connaissaient pratiquement rien de l’histoire et des protagonistes de ce mouvement.
De telles attitudes, parmi d’autres, ne peuvent certes pas donner confiance dans la scène artistique française si fluctuante dans sa propre estime d’elle-même.
Les feux de la scène éblouissent le Français et attire inévitablement sa suspicion. Nicolas Bourriaud et Jérôme Sans en ont fait les frais au départ de l’aventure du Palais de Tokyo. Seule une fréquentation annuelle dépassant allègrement les 100 000 visiteurs les a préservés momentanément de la curie. On peut parier que dès leur départ du Palais de Tokyo, les critiques vont de nouveau pleuvoir faisant fi de ce succès historique.
La singularité exemplaire et par conséquent dérangeante (textuellement difficile à ranger) de Jean-Hubert Martin et de Marie-Claude Beaud, tous deux rares français directeurs d’institutions à être reconnus internationalement, les a inexorablement poussés à s’expatrier.
Mon parcours professionnel est atypique. Cette singularité tient à des engagements culturels prononcés. L’un d’entre eux, le plus médiatisé, fut mon engagement auprès des artistes de la Figuration Libre française et de leurs homologues américains.
Ainsi j’organisais, entre 1981 et 1985, les premières expositions en France de Blanchard, Boisrond, Combas, Di Rosa et de Basquiat, Haring, Scharf, Crash, Kwong Chi.
Ces artistes furent parmi les jeunes artistes les plus médiatisés de l’histoire de l’art contemporain, ce mouvement l’un des plus populaires. Un tel succès a son prix, celui de la mode : de l’engouement à l’oubli et enfin à l’attente, longue et inéluctable, de la réhabilitation.
En France, la rançon du succès est particulièrement élevée. Répertorié dans les manuels d’histoire, comme le promoteur d’un mouvement artistique, la Figuration Libre en ce qui me concerne, vous êtes étiquetté, rangé : affaire classée !
Nous avons trop peu de responsables de la culture, de directeurs d’institution culturelle, de commissaires d’exposition et de critiques d’art à la fois ambitieux et talentueux tout comme nous avons trop peu d’acteurs privés, Fondations et galeries, à vocation internationale.
Le mal français est celui de la prépondérance des diplômes au détriment de l’expérience, du conformisme au détriment de la singularité, de l’arrogance intellectuelle au détriment de la simplicité, de la générosité et de l’efficacité.
Sur le site Internet du Walk Art Center de Mineapolis dirigé par un français, Philippe Vergne (également co-commissaire de la prochaine biennale du Whitney Museum de New York) on peut y lire quelques-unes des thématiques abordées telles : « où l’art rencontre la vie ; où la peinture rencontre le pixel ; où le Pop rencontre le Hip Hop ». Invitations thématiques d’une simplicité que l’on qualifierait aisément de populiste en France.
Le mal français est aussi sa propension à réécrire l’histoire, incapable d’assumer son passé. Dans l’histoire de l’art contemporain, cela nous conduit à oublier sporadiquement ceux que l’on a adulés. La figuration narrative en paie encore le prix et seul un directeur français vivant à l’étranger, Christian Bernard directeur du MAMCO à Genève, a osé présenter récemment des œuvres de Gérard Fromanger, l’une des figures prépondérantes de ce mouvement artistique, parmi les œuvres d’autres artistes contemporains reconnus par l’intelligentsia dominante. Consternant et révélateur, la première rétrospective d’envergure consacrée à l’œuvre de Gérard Fromanger circule actuellement en Europe et en France dans plusieurs musées de province tous situés dans des villes moyennes, aucun « grand » musée français pour accueillir l’un des artistes le plus médiatisé et le plus apprécié de sa génération. La figuration libre, omniprésente dans les années 80, a été placée sous une telle chape de plomb au cours des années 90 que la majorité des étudiants des écoles d’art ne connaissaient pratiquement rien de l’histoire et des protagonistes de ce mouvement.
De telles attitudes, parmi d’autres, ne peuvent certes pas donner confiance dans la scène artistique française si fluctuante dans sa propre estime d’elle-même.
Les feux de la scène éblouissent le Français et attire inévitablement sa suspicion. Nicolas Bourriaud et Jérôme Sans en ont fait les frais au départ de l’aventure du Palais de Tokyo. Seule une fréquentation annuelle dépassant allègrement les 100 000 visiteurs les a préservés momentanément de la curie. On peut parier que dès leur départ du Palais de Tokyo, les critiques vont de nouveau pleuvoir faisant fi de ce succès historique.
La singularité exemplaire et par conséquent dérangeante (textuellement difficile à ranger) de Jean-Hubert Martin et de Marie-Claude Beaud, tous deux rares français directeurs d’institutions à être reconnus internationalement, les a inexorablement poussés à s’expatrier.
Mon parcours professionnel est atypique. Cette singularité tient à des engagements culturels prononcés. L’un d’entre eux, le plus médiatisé, fut mon engagement auprès des artistes de la Figuration Libre française et de leurs homologues américains.
Ainsi j’organisais, entre 1981 et 1985, les premières expositions en France de Blanchard, Boisrond, Combas, Di Rosa et de Basquiat, Haring, Scharf, Crash, Kwong Chi.
Ces artistes furent parmi les jeunes artistes les plus médiatisés de l’histoire de l’art contemporain, ce mouvement l’un des plus populaires. Un tel succès a son prix, celui de la mode : de l’engouement à l’oubli et enfin à l’attente, longue et inéluctable, de la réhabilitation.
En France, la rançon du succès est particulièrement élevée. Répertorié dans les manuels d’histoire, comme le promoteur d’un mouvement artistique, la Figuration Libre en ce qui me concerne, vous êtes étiquetté, rangé : affaire classée !